• Le flux RSS de Jam's Brain
Blog Jam's Brain / Olivier / 26.05.2009 / 2,464 Views /

image-4

De ce livre, Le lièvre de Patagonie, il n’y a que le titre qui soit enigmatique, le reste n’est qu’action. C’est d’ailleurs pour cela qu’il n’y a pas de chronologie, juste des faits et de l’action.

J’aime ce genre d’homme, c’est un “Mench” comme disent certains, il n’a pas peur de montrer ses défauts, ses mondanités, ses faiblesses de coeur et d’affliction avec sa soeur qui porte le prénom de mon amie si chère qui m’a offert ce livre.

Il me reste 30 pages de ce merveilleux livre, 30 pages que je ne veux pas finir et qui m’aura pris près de 3 jours non stop.

La période 60-75 est féconde pour construire une histoire d’hommes, pas facile certes, il faut se battre et essayé de pousser les portes là où elles se trouvent alors que l’on n’est pas forcèment bien né.

Ne pas abandonner ses principes fondamentaux, aller même contre sa nature pour voir, le soutien au FLN, presque jusqu’au bout, puis , revenir et faire ce pourquoi finalement on est né, pourquoi on passe l’histoire d’une vie ici bas; même maturité côté coeur mais sans l’un il n’y aura pas l’autre, passer par des étapes forcèment….

C’est au chapitre 18, presque comme un appel à la vie ( haÏ) que Claude Lanzmann lance son plus profond chapitre ( avec celui sur sa soeur peut être), si poignant et alors que nous passions der 3 chapitres “mondains”, soudain tout s’accelère, Claude Lanzmann sait qu’il faut bientôt finir, alors un peu comme tous ses prisonniers de la shoah  qui pendant des années se sont mus ( on comprend aussi dans ce livre qu'”on” ne les a pas aidés à parler) finit par nous faire entendre ses secrets.

Ici un morceau de texte parce qu’il dit tout:   “……C’est pourquoi je les tiens pour “des revenants” plus que des survivants-, je me mis à me battre, non pas dans le désordre, mais comme il le fallait, sur tous les fronts. Quelques lignes encore à propos de l’oubli de soi, de la rigueur trop implacable que nous nous étions les “revenants” et moi, imposée, car c’est un de mes remords d’avoir tu cela dans le film( Shoah).

On se souvient des rescapés de Vilma, MOTKE ZAIDL et ITZHAK DUGIN, membres d’un commando de jeunes juifs contraints d’ouvrir les immenses fosses de la forêt de Ponari et d’exhumer, de leurs propres mains nues, sans outils, les milliers de cadavres enterrés là-bas, par mi lesquels, ils reconnaissent leurs plus proches, et qu’ils ne peuvent nommer qu’en les qualifiant de Figuren ou de Schmattes, ce qui signifient “marionnetes” ou “chiffons”. S’ils osent les mots “morts” ou “victimes”, ils étaient roués de coups.

Ce que je n’ai pas raconté dans Shoah, c’est l’incroyable évasion tentée par certains des jeunes hommes de ce commando dont ZAIDL et DUGIN: ils creusèrent dans le sable un long, profond et irrespirable tunnel, qui débouchait dans la forêt au-delà des barbelés. DUGIN et ZAIDL réussirent pourtant et parvinrent à l’air libre.

Les SS qui s’avisèrent de leur évasion lancèrent leurs molosses. C’est DUGIN qui parle “Nous étions tellement à bout de forces que les chiens nous rattrapèrent, nous étions surs de mourir sous leurs crocs.

Mais soudain, ils se mirent à gémir en tournant en rond autour de nous, d’un gemissement de terreur, à trembler à se coucher. Nous sentions si fort la mort, puisque nous pataugions depuis des semaines dans les fosses, que notre puanteur arrêtait même les chiens””

Pour que le web se rememore de ces quelques lignes …………

/ actu, Culture, Web /

Pas de commentaires
RSS des commentaires